Figures du double

Cet ouvrage envisage l’évolution de la figure du double dans la littérature anglo-saxonne au XXe siècle. Il étudie comment cette figure récurrente de la littérature, le double du personnage, cède la place à une autre forme de double, le double du texte tel qu’il se donne particulièrement à voir dans...

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Main Author: Martinière, Nathalie
Format: Online
Language:French
Published: Presses universitaires de Rennes 2024
Subjects:
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description Cet ouvrage envisage l’évolution de la figure du double dans la littérature anglo-saxonne au XXe siècle. Il étudie comment cette figure récurrente de la littérature, le double du personnage, cède la place à une autre forme de double, le double du texte tel qu’il se donne particulièrement à voir dans l’usage répété que font les auteurs contemporains de la parodie. Ou encore comment à la question « qui suis-je ? » succède celle de savoir « qui parle ? » À travers l’étude comparée de « The Secret Sharer » de Joseph Conrad (1908/1910), de Wide Sargasso Sea de Jean Rhys (1966), de Foe de J.-M. Coetzee (1986) et de Jack Maggs de Peter Carey (1997), c’est un mode parodique particulier, lieu du rejet des identités fixes, et un type de double volontairement infidèle qui se révèlent progressivement : figure de l’ethos post-colonial contemporain, le double cesse d’être simplement symptôme d’un dysfonctionnement et devient figure de renouvellement. Traditionnellement, le double dans la mythologie et la littérature naîtrait de conflits internes ingérables par l’individu. En période contemporaine, l’angoisse prend la forme de cette tête de méduse pétrifiante qu’est le texte déjà écrit (Robinson Crusoe, Great Expectations ou Jane Eyre). Le (re)-doubler, c’est pour les romanciers-parodistes la possibilité de se reconstruire une image : ce double pétrifiant dont il importe de se protéger à l’aide du bouclier de la parodie n’est alors plus, comme dans « The Secret Sharer », un autre soi-même de chair et d’os ; ce double est fait de texte, de ces textes qui construisent mentalement le sujet et l’emprisonnent idéologiquement autant qu’ils le forment. Dans ce contexte, la question de l’identité est posée à travers le rapport aux classiques. Pris entre la fascination de l’image de soi renvoyée par le classique et la douleur de se voir figé peut-être à jamais dans la fiction, il s’agit alors de se libérer de cet héritage culturel, qui ne va pas de soi – même s’il est rarement remis en jeu : la parodie permet cette redistribution des cartes. Les doubles parodiques révèlent le double fond et le double langage de classiques majeurs qui ont laissé une empreinte profonde dans l’imaginaire collectif. À partir de ce reflet tente de « prendre voix » un « je » re-formé, ou qui tente de retrouver forme avec et contre à la fois l’autre-qui-est-en-lui et à partir duquel il s’écrit.
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Coetzee (1986) et de Jack Maggs de Peter Carey (1997), c’est un mode parodique particulier, lieu du rejet des identités fixes, et un type de double volontairement infidèle qui se révèlent progressivement : figure de l’ethos post-colonial contemporain, le double cesse d’être simplement symptôme d’un dysfonctionnement et devient figure de renouvellement. Traditionnellement, le double dans la mythologie et la littérature naîtrait de conflits internes ingérables par l’individu. En période contemporaine, l’angoisse prend la forme de cette tête de méduse pétrifiante qu’est le texte déjà écrit (Robinson Crusoe, Great Expectations ou Jane Eyre). Le (re)-doubler, c’est pour les romanciers-parodistes la possibilité de se reconstruire une image : ce double pétrifiant dont il importe de se protéger à l’aide du bouclier de la parodie n’est alors plus, comme dans « The Secret Sharer », un autre soi-même de chair et d’os ; ce double est fait de texte, de ces textes qui construisent mentalement le sujet et l’emprisonnent idéologiquement autant qu’ils le forment. Dans ce contexte, la question de l’identité est posée à travers le rapport aux classiques. Pris entre la fascination de l’image de soi renvoyée par le classique et la douleur de se voir figé peut-être à jamais dans la fiction, il s’agit alors de se libérer de cet héritage culturel, qui ne va pas de soi – même s’il est rarement remis en jeu : la parodie permet cette redistribution des cartes. Les doubles parodiques révèlent le double fond et le double langage de classiques majeurs qui ont laissé une empreinte profonde dans l’imaginaire collectif. À partir de ce reflet tente de « prendre voix » un « je » re-formé, ou qui tente de retrouver forme avec et contre à la fois l’autre-qui-est-en-lui et à partir duquel il s’écrit. 2024-09-13T15:16:51Z 2024-09-13T15:16:51Z 2008 book ONIX_20240913_9782753546745_380 2111-5001 9782753546745 9782753505940 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/144313 fre Interférences image/jpeg n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9782753546745/from/openedition https://books.openedition.org/pur/30747 Presses universitaires de Rennes 10.4000/books.pur.30747 Cet ouvrage envisage l’évolution de la figure du double dans la littérature anglo-saxonne au XXe siècle. Il étudie comment cette figure récurrente de la littérature, le double du personnage, cède la place à une autre forme de double, le double du texte tel qu’il se donne particulièrement à voir dans l’usage répété que font les auteurs contemporains de la parodie. Ou encore comment à la question « qui suis-je ? » succède celle de savoir « qui parle ? » À travers l’étude comparée de « The Secret Sharer » de Joseph Conrad (1908/1910), de Wide Sargasso Sea de Jean Rhys (1966), de Foe de J.-M. Coetzee (1986) et de Jack Maggs de Peter Carey (1997), c’est un mode parodique particulier, lieu du rejet des identités fixes, et un type de double volontairement infidèle qui se révèlent progressivement : figure de l’ethos post-colonial contemporain, le double cesse d’être simplement symptôme d’un dysfonctionnement et devient figure de renouvellement. Traditionnellement, le double dans la mythologie et la littérature naîtrait de conflits internes ingérables par l’individu. En période contemporaine, l’angoisse prend la forme de cette tête de méduse pétrifiante qu’est le texte déjà écrit (Robinson Crusoe, Great Expectations ou Jane Eyre). Le (re)-doubler, c’est pour les romanciers-parodistes la possibilité de se reconstruire une image : ce double pétrifiant dont il importe de se protéger à l’aide du bouclier de la parodie n’est alors plus, comme dans « The Secret Sharer », un autre soi-même de chair et d’os ; ce double est fait de texte, de ces textes qui construisent mentalement le sujet et l’emprisonnent idéologiquement autant qu’ils le forment. Dans ce contexte, la question de l’identité est posée à travers le rapport aux classiques. Pris entre la fascination de l’image de soi renvoyée par le classique et la douleur de se voir figé peut-être à jamais dans la fiction, il s’agit alors de se libérer de cet héritage culturel, qui ne va pas de soi – même s’il est rarement remis en jeu : la parodie permet cette redistribution des cartes. Les doubles parodiques révèlent le double fond et le double langage de classiques majeurs qui ont laissé une empreinte profonde dans l’imaginaire collectif. À partir de ce reflet tente de « prendre voix » un « je » re-formé, ou qui tente de retrouver forme avec et contre à la fois l’autre-qui-est-en-lui et à partir duquel il s’écrit. 10.4000/books.pur.30747 39788d67-70b5-4e83-ba77-a5692a861af6 9782753546745 9782753505940 206 Rennes open access
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