Le Joint français, printemps 1972

De la mi-mars au début mai 1972, les ouvrières et ouvriers du Joint français à Saint-Brieuc menèrent une grève très dure. L’usine avait été créée en 1962 dans des conditions très favorables au bénéfice de la Compagnie générale d’électricité. Le site employait 1 000 salariés à la transformation du ca...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
フォーマット: Online
言語:フランス語
出版事項: Presses universitaires de Rennes 2025
主題:
オンライン・アクセス:ONIX_20250106_9782753597129_238
タグ: タグ追加
タグなし, このレコードへの初めてのタグを付けませんか!
_version_ 1869523089039032320
collection Directory of Open Access Books
description De la mi-mars au début mai 1972, les ouvrières et ouvriers du Joint français à Saint-Brieuc menèrent une grève très dure. L’usine avait été créée en 1962 dans des conditions très favorables au bénéfice de la Compagnie générale d’électricité. Le site employait 1 000 salariés à la transformation du caoutchouc et tranchait avec les autres industries mécaniques, métallurgiques, textiles ou brossières de la ville. Le conflit éclata pour exiger le réalignement sur les grilles parisiennes, soit 70 centimes de l’heure. L’occupation immédiate du site par les forces de l’ordre, rendant impossible un piquet de grève classique, déplaça celui-ci en ville qui devint actrice de solidarités protéiformes. Singulier par sa localisation, relayé par des dons alimentaires locaux, d’importantes collectes financières régionales, puis un soutien culturel avec concerts parisiens et défilés sous bannière du gwenn a du, le mouvement affronta l’intransigeantisme de la direction d’entreprise grâce à la collaboration, pour ne pas dire l’unité, syndicale et politique à gauche qui se fit sans forte prééminence, laissant aux salariés une bonne part d’autonomie. L’intervention tardive du pouvoir pompidolien, malgré l’importance de ses relais locaux dont René Pleven (président du conseil général et ministre), illustra les fragilités du projet chabaniste comme l’impunité des holdings, de constitution nouvelle.En privilégiant des analyses de l’intérieur de l’entreprise, de la ville, des ateliers, des diverses organisations syndicales, politiques et catholiques, l’ouvrage apporte un éclairage très neuf sur un dossier que l’on pensait connu. Des documents et témoignages inédits donnent chair à cette lutte, sortant ainsi de l’abstraction ou d’une excessive symbolique. Se dessinent aussi avec force la séparation entre action syndicale et engagement politique dans ce monde ouvrier, avant tout d’OS, les illusions de l’extrême gauche d’alors pour recruter des adhérents, la relativité d’un « moment breton ». L’exceptionnalité de cette grève ressort par comparaison avec d’autres prenant la défense d’un représentant syndical (Saviem à Caen), affirmant l’identité basque (Michelin à Vitoria) ou écossaise (Upper Clyde Shipbuilders), mais ne parvenant pas à mobiliser un seul des ressorts briochins. Mais, à cette date, Saint-Brieuc avait changé et la crise était bien là.
format Online
id doab-20.500.12854ir-149444
institution Directory of Open Access Books
language fre
publishDate 2025
publishDateRange 2025
publishDateSort 2025
publisher Presses universitaires de Rennes
publisherStr Presses universitaires de Rennes
record_format ojs
spelling doab-20.500.12854ir-1494442025-01-06T18:02:12Z Le Joint français, printemps 1972 Harismendy, Patrick Richard, Gilles grève ouvrière mouvement ouvrier moment 68 thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHD European history thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHB General and world history De la mi-mars au début mai 1972, les ouvrières et ouvriers du Joint français à Saint-Brieuc menèrent une grève très dure. L’usine avait été créée en 1962 dans des conditions très favorables au bénéfice de la Compagnie générale d’électricité. Le site employait 1 000 salariés à la transformation du caoutchouc et tranchait avec les autres industries mécaniques, métallurgiques, textiles ou brossières de la ville. Le conflit éclata pour exiger le réalignement sur les grilles parisiennes, soit 70 centimes de l’heure. L’occupation immédiate du site par les forces de l’ordre, rendant impossible un piquet de grève classique, déplaça celui-ci en ville qui devint actrice de solidarités protéiformes. Singulier par sa localisation, relayé par des dons alimentaires locaux, d’importantes collectes financières régionales, puis un soutien culturel avec concerts parisiens et défilés sous bannière du gwenn a du, le mouvement affronta l’intransigeantisme de la direction d’entreprise grâce à la collaboration, pour ne pas dire l’unité, syndicale et politique à gauche qui se fit sans forte prééminence, laissant aux salariés une bonne part d’autonomie. L’intervention tardive du pouvoir pompidolien, malgré l’importance de ses relais locaux dont René Pleven (président du conseil général et ministre), illustra les fragilités du projet chabaniste comme l’impunité des holdings, de constitution nouvelle.En privilégiant des analyses de l’intérieur de l’entreprise, de la ville, des ateliers, des diverses organisations syndicales, politiques et catholiques, l’ouvrage apporte un éclairage très neuf sur un dossier que l’on pensait connu. Des documents et témoignages inédits donnent chair à cette lutte, sortant ainsi de l’abstraction ou d’une excessive symbolique. Se dessinent aussi avec force la séparation entre action syndicale et engagement politique dans ce monde ouvrier, avant tout d’OS, les illusions de l’extrême gauche d’alors pour recruter des adhérents, la relativité d’un « moment breton ». L’exceptionnalité de cette grève ressort par comparaison avec d’autres prenant la défense d’un représentant syndical (Saviem à Caen), affirmant l’identité basque (Michelin à Vitoria) ou écossaise (Upper Clyde Shipbuilders), mais ne parvenant pas à mobiliser un seul des ressorts briochins. Mais, à cette date, Saint-Brieuc avait changé et la crise était bien là. 2025-01-06T18:02:11Z 2025-01-06T18:02:11Z 2024 book ONIX_20250106_9782753597129_238 2111-496X 9782753597129 9782753597105 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/149444 fre Histoire image/jpeg Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International https://www.7switch.com/fr/ebook/9782753597129/from/openedition https://books.openedition.org/pur/238178 Presses universitaires de Rennes 10.4000/12n6j De la mi-mars au début mai 1972, les ouvrières et ouvriers du Joint français à Saint-Brieuc menèrent une grève très dure. L’usine avait été créée en 1962 dans des conditions très favorables au bénéfice de la Compagnie générale d’électricité. Le site employait 1 000 salariés à la transformation du caoutchouc et tranchait avec les autres industries mécaniques, métallurgiques, textiles ou brossières de la ville. Le conflit éclata pour exiger le réalignement sur les grilles parisiennes, soit 70 centimes de l’heure. L’occupation immédiate du site par les forces de l’ordre, rendant impossible un piquet de grève classique, déplaça celui-ci en ville qui devint actrice de solidarités protéiformes. Singulier par sa localisation, relayé par des dons alimentaires locaux, d’importantes collectes financières régionales, puis un soutien culturel avec concerts parisiens et défilés sous bannière du gwenn a du, le mouvement affronta l’intransigeantisme de la direction d’entreprise grâce à la collaboration, pour ne pas dire l’unité, syndicale et politique à gauche qui se fit sans forte prééminence, laissant aux salariés une bonne part d’autonomie. L’intervention tardive du pouvoir pompidolien, malgré l’importance de ses relais locaux dont René Pleven (président du conseil général et ministre), illustra les fragilités du projet chabaniste comme l’impunité des holdings, de constitution nouvelle.En privilégiant des analyses de l’intérieur de l’entreprise, de la ville, des ateliers, des diverses organisations syndicales, politiques et catholiques, l’ouvrage apporte un éclairage très neuf sur un dossier que l’on pensait connu. Des documents et témoignages inédits donnent chair à cette lutte, sortant ainsi de l’abstraction ou d’une excessive symbolique. Se dessinent aussi avec force la séparation entre action syndicale et engagement politique dans ce monde ouvrier, avant tout d’OS, les illusions de l’extrême gauche d’alors pour recruter des adhérents, la relativité d’un « moment breton ». L’exceptionnalité de cette grève ressort par comparaison avec d’autres prenant la défense d’un représentant syndical (Saviem à Caen), affirmant l’identité basque (Michelin à Vitoria) ou écossaise (Upper Clyde Shipbuilders), mais ne parvenant pas à mobiliser un seul des ressorts briochins. Mais, à cette date, Saint-Brieuc avait changé et la crise était bien là. 10.4000/12n6j 39788d67-70b5-4e83-ba77-a5692a861af6 9782753597129 9782753597105 444 Rennes open access
spellingShingle grève ouvrière
mouvement ouvrier
moment 68
thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHD European history
thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHB General and world history
Le Joint français, printemps 1972
title Le Joint français, printemps 1972
title_full Le Joint français, printemps 1972
title_fullStr Le Joint français, printemps 1972
title_full_unstemmed Le Joint français, printemps 1972
title_short Le Joint français, printemps 1972
title_sort le joint francais printemps 1972
topic grève ouvrière
mouvement ouvrier
moment 68
thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHD European history
thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHB General and world history
topic_facet grève ouvrière
mouvement ouvrier
moment 68
thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHD European history
thema EDItEUR::N History and Archaeology::NH History::NHB General and world history
url ONIX_20250106_9782753597129_238