Mobilisations de victimes

La figure de la victime nous est devenue très familière. Des essais dressent l'inventaire de ses apparitions dans des pays occidentaux devenus « sociétés de victimes », des enquêtes sociologiques constatent son influence grandissante, tandis que le droit et les institutions sont réformés pour lui fa...

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Bibliografske podrobnosti
Format: Online
Jezik:francoščina
Izdano: Presses universitaires de Rennes 2025
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Oznake: Označite
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collection Directory of Open Access Books
description La figure de la victime nous est devenue très familière. Des essais dressent l'inventaire de ses apparitions dans des pays occidentaux devenus « sociétés de victimes », des enquêtes sociologiques constatent son influence grandissante, tandis que le droit et les institutions sont réformés pour lui faire une meilleure place. Le qualificatif de victime peut désormais avoir la force d'un statut : titre à faire valoir pour l'obtention de prestations ou de dédommagements, ou nouveau rôle à jouer sur la scène judiciaire. Journalistes, professionnels de la politique et intellectuels constatent de leur côté l'émergence d'une « figure de la victime » qui bouleverserait l'agencement des droits nationaux comme du droit international, justifierait un nombre toujours plus important de mesures de soutien psychologique ou de prise en charge judiciaire, voire serait le signe d'une évolution des rapports entre les individus. Cette évolution est décrite tantôt comme une humanisation, tantôt comme une déresponsabilisation fondée sur la valorisation de la passivité. Dans le même temps, des polémiques portant sur une « concurrence des victimes » jettent un doute sur la légitimité de certaines prétentions à ce statut. Les mobilisations de victimes suscitent de la compassion ou de l'indignation, plus rarement des analyses. Les prophéties sur l'avènement de la victime sont pareillement peu démontrées. Dans tous les cas, on parle de la victime, on la fait parler pour autant qu'elle se « plaigne » ou qu'elle « témoigne », mais on se préoccupe peu de savoir qui elle est, ce qu'elle dit et revendique, et comment ses prises de position sont portées par des collectifs défendant une cause « victimaire ». Cet ouvrage apporte un éclairage lucide sur ces questions, en analysant des mobilisations de victimes relevant de terrains variés (aux XXe et XXIe siècles, en France, dans les pays ex-communistes ou en Amérique latine etc.). S'appuyant sur les acquis de la sociologie des mouvements sociaux, les auteurs abordent les problèmes délicats d'un rapport impartial de l'observateur scientifique à la victime, des phénomènes de concurrence et de mimétisme entre mouvements, des processus par lesquels des experts parlent pour les victimes, mais aussi de la manière dont « la victime » en vient à exister en revendiquant ce titre et en se faisant reconnaître comme telle.
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publishDate 2025
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Journalistes, professionnels de la politique et intellectuels constatent de leur côté l'émergence d'une « figure de la victime » qui bouleverserait l'agencement des droits nationaux comme du droit international, justifierait un nombre toujours plus important de mesures de soutien psychologique ou de prise en charge judiciaire, voire serait le signe d'une évolution des rapports entre les individus. Cette évolution est décrite tantôt comme une humanisation, tantôt comme une déresponsabilisation fondée sur la valorisation de la passivité. Dans le même temps, des polémiques portant sur une « concurrence des victimes » jettent un doute sur la légitimité de certaines prétentions à ce statut. Les mobilisations de victimes suscitent de la compassion ou de l'indignation, plus rarement des analyses. Les prophéties sur l'avènement de la victime sont pareillement peu démontrées. Dans tous les cas, on parle de la victime, on la fait parler pour autant qu'elle se « plaigne » ou qu'elle « témoigne », mais on se préoccupe peu de savoir qui elle est, ce qu'elle dit et revendique, et comment ses prises de position sont portées par des collectifs défendant une cause « victimaire ». Cet ouvrage apporte un éclairage lucide sur ces questions, en analysant des mobilisations de victimes relevant de terrains variés (aux XXe et XXIe siècles, en France, dans les pays ex-communistes ou en Amérique latine etc.). S'appuyant sur les acquis de la sociologie des mouvements sociaux, les auteurs abordent les problèmes délicats d'un rapport impartial de l'observateur scientifique à la victime, des phénomènes de concurrence et de mimétisme entre mouvements, des processus par lesquels des experts parlent pour les victimes, mais aussi de la manière dont « la victime » en vient à exister en revendiquant ce titre et en se faisant reconnaître comme telle. 2025-03-06T15:44:22Z 2025-03-06T15:44:22Z 2009 book ONIX_20250306_9782753539242_127 2827-3028 9782753539242 9782753509726 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/153694 fre Res publica image/jpeg n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9782753539242/from/openedition https://books.openedition.org/pur/10671 Presses universitaires de Rennes 10.4000/books.pur.10671 La figure de la victime nous est devenue très familière. Des essais dressent l'inventaire de ses apparitions dans des pays occidentaux devenus « sociétés de victimes », des enquêtes sociologiques constatent son influence grandissante, tandis que le droit et les institutions sont réformés pour lui faire une meilleure place. Le qualificatif de victime peut désormais avoir la force d'un statut : titre à faire valoir pour l'obtention de prestations ou de dédommagements, ou nouveau rôle à jouer sur la scène judiciaire. Journalistes, professionnels de la politique et intellectuels constatent de leur côté l'émergence d'une « figure de la victime » qui bouleverserait l'agencement des droits nationaux comme du droit international, justifierait un nombre toujours plus important de mesures de soutien psychologique ou de prise en charge judiciaire, voire serait le signe d'une évolution des rapports entre les individus. Cette évolution est décrite tantôt comme une humanisation, tantôt comme une déresponsabilisation fondée sur la valorisation de la passivité. Dans le même temps, des polémiques portant sur une « concurrence des victimes » jettent un doute sur la légitimité de certaines prétentions à ce statut. Les mobilisations de victimes suscitent de la compassion ou de l'indignation, plus rarement des analyses. Les prophéties sur l'avènement de la victime sont pareillement peu démontrées. Dans tous les cas, on parle de la victime, on la fait parler pour autant qu'elle se « plaigne » ou qu'elle « témoigne », mais on se préoccupe peu de savoir qui elle est, ce qu'elle dit et revendique, et comment ses prises de position sont portées par des collectifs défendant une cause « victimaire ». Cet ouvrage apporte un éclairage lucide sur ces questions, en analysant des mobilisations de victimes relevant de terrains variés (aux XXe et XXIe siècles, en France, dans les pays ex-communistes ou en Amérique latine etc.). S'appuyant sur les acquis de la sociologie des mouvements sociaux, les auteurs abordent les problèmes délicats d'un rapport impartial de l'observateur scientifique à la victime, des phénomènes de concurrence et de mimétisme entre mouvements, des processus par lesquels des experts parlent pour les victimes, mais aussi de la manière dont « la victime » en vient à exister en revendiquant ce titre et en se faisant reconnaître comme telle. 10.4000/books.pur.10671 39788d67-70b5-4e83-ba77-a5692a861af6 9782753539242 9782753509726 222 Rennes open access
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