Jean Prévost le multiple
Vingt ans de vie littéraire : c’est très peu, trop peu. Surtout quand on sait le temps nécessaire pour apprendre à devenir un homme. Certes, Jean Prévost ne perd pas de temps, car il a très tôt le souci extrême de son propre développement intellectuel au sein d’une Europe qui se cherche durant l’ent...
Wedi'i Gadw mewn:
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| Iaith: | Ffrangeg |
| Cyhoeddwyd: |
Presses universitaires de Rennes
2021
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| Pynciau: | |
| Mynediad Ar-lein: | 41694 |
| Tagiau: |
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| author | François Ouellet Emmanuel Bluteau |
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| collection | Directory of Open Access Books |
| description | Vingt ans de vie littéraire : c’est très peu, trop peu. Surtout quand on sait le temps nécessaire pour apprendre à devenir un homme. Certes, Jean Prévost ne perd pas de temps, car il a très tôt le souci extrême de son propre développement intellectuel au sein d’une Europe qui se cherche durant l’entre-deux-guerres et que, ayant tous les talents, il est armé pour la vie, même s’il doit la perdre prématurément en 1944. Soixante-dix ans après sa mort, une relecture attentive de son œuvre – forte d’une trentaine d’ouvrages et de plus d’un millier d’articles –, inachevée par le fait des circonstances, ouvre de nouvelles perspectives de découverte de Jean Prévost. Prévost entre dans la « carrière » des lettres à l’âge de 23 ans par la grande porte, celle de La Nouvelle Revue française. Jusqu’à la soutenance de sa thèse sur Stendhal en 1942, il s’est dépensé sans compter, écrivant des essais, des romans, des préfaces, des articles et des conférences. Prévost aimait réfléchir, étudier, comprendre, résoudre. Bien penser était pour lui un métier, voire une vocation. « Prévost le multiple », écrivait justement Pierre Bost, le compagnon de toujours. Prévost débute en tant qu’essayiste avec des textes sur le corps humain (Plaisirs des sports) ; il poursuit sa progression avec des essais intimes (Tentative de la solitude, Brûlures de la prière et Essai sur l’introspection) à peine romancés, études de « cas-limites de l’esprit » consacrés à la poursuite d’un absolu intellectuel et de son « moi » profond, essayant de donner un sens à son existence. Le journalisme le requiert aussi, surtout dans la première moitié des années 1930, se tournant vers les titres de la grande presse afin de mesurer l’évolution d’un monde en pleine mutation à la suite de la crise de 1929. Avec la folle ambition d’influer sur le cours des choses. Paraissent entre 1930 et 1937 quatre romans (Les Frères Bouquinquant, Rachel, Le Sel sur la plaie et La Chasse du matin) et un recueil de nouvelles (Lucie-Paulette). À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Prévost est un homme plein d’espérance : « J’ai cherché ici ce qui peut être l’espoir des hommes ; j’écrivais en un temps où nous avions besoin d’espérance. » Qui oserait dire que ce mot n’est pas d’actualité aujourd’hui ? Et qui oserait croire que nous n’aurions pas besoin en ce moment d’un écrivain et penseur de la trempe de Jean Prévost ? Un Jean Prévost multiple certes, mais aussi étonnamment moderne. |
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