Figures du moi et environnement naturel au xviiie siècle
Cet ouvrage relie deux notions fondamentales des Lumières : d’une part, le moi et, d’autre part, la nature proche, en rapport vécu avec l’homme, qui correspond avec quelques nuances à ce qu’on appelle aujourd’hui « environnement ». Si ces deux notions ont souvent déjà été étudiées, c’est soit en les...
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| প্রধান লেখক: | |
|---|---|
| বিন্যাস: | Online |
| ভাষা: | ফরাসি |
| প্রকাশিত: |
Éditions de la Sorbonne
2022
|
| বিষয়গুলি: | |
| অনলাইন ব্যবহার করুন: | ONIX_20220701_9791035107314_1493 |
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| author | Guichet, Jean-Luc |
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| collection | Directory of Open Access Books |
| description | Cet ouvrage relie deux notions fondamentales des Lumières : d’une part, le moi et, d’autre part, la nature proche, en rapport vécu avec l’homme, qui correspond avec quelques nuances à ce qu’on appelle aujourd’hui « environnement ». Si ces deux notions ont souvent déjà été étudiées, c’est soit en les mêlant à d’autres, telles le sujet ou l’individu pour le moi, soit en les reportant sur la nature, le « sentiment de la nature » ou la généalogie de l’écologie pour l’environnement, et, surtout, sans prendre particulièrement en compte leur lien mutuel. Or, au sortir du xviie siècle, le moi, dépouillé par la critique philosophique de son armature interne d’âme ou de substance, est en quête d’une matrice pour se penser sur un mode désormais non essentialiste. C’est alors en se projetant dans des types de rapport qu’il pourra produire de nouveaux modèles d’intelligibilité de lui-même, participant ainsi indirectement de la genèse de l’anthropologie en cours : qu’il s’agisse du moi fragile, exposé aux déterminismes extérieurs et foncièrement incertain de lui-même ; du moi cadré, observant un ordre fixé par une volonté surplombante, souvent - mais pas toujours - celle de Dieu lui-même ; du moi fort, maître d’une nature à administrer et de climats à transformer (mais susceptible aussi de formes plus originales) ; ou enfin du moi saturé, débordé par une capacité d’émotion se projetant à travers l’extériorité naturelle. Ces différentes figures - qui se croisent et se combinent chez Locke, Hume, Condillac, Dubos, Montesquieu, Volney, Linné, Diderot, Buffon, Marivaux, Prévost, Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre et bien d’autres encore -, loin de types rigides et séparés, sont autant de visages du même moi multiple, celui de la modernité et peu ou prou toujours le nôtre. Cette reconfiguration fondamentale opérée au xviiie siècle, nouant le destin du moi à son environnement, installe un terrain de sensibilité qui permettra aux siècles suivants, malgré tous les obstacles, retards et difficultés, la réception de l’écologie scientifique, puis politique et enfin aujourd’hui éthique, horizon irréductible à une simple nécessité extérieure et fonctionnelle. |
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| publisher | Éditions de la Sorbonne |
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Or, au sortir du xviie siècle, le moi, dépouillé par la critique philosophique de son armature interne d’âme ou de substance, est en quête d’une matrice pour se penser sur un mode désormais non essentialiste. C’est alors en se projetant dans des types de rapport qu’il pourra produire de nouveaux modèles d’intelligibilité de lui-même, participant ainsi indirectement de la genèse de l’anthropologie en cours : qu’il s’agisse du moi fragile, exposé aux déterminismes extérieurs et foncièrement incertain de lui-même ; du moi cadré, observant un ordre fixé par une volonté surplombante, souvent - mais pas toujours - celle de Dieu lui-même ; du moi fort, maître d’une nature à administrer et de climats à transformer (mais susceptible aussi de formes plus originales) ; ou enfin du moi saturé, débordé par une capacité d’émotion se projetant à travers l’extériorité naturelle. Ces différentes figures - qui se croisent et se combinent chez Locke, Hume, Condillac, Dubos, Montesquieu, Volney, Linné, Diderot, Buffon, Marivaux, Prévost, Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre et bien d’autres encore -, loin de types rigides et séparés, sont autant de visages du même moi multiple, celui de la modernité et peu ou prou toujours le nôtre. Cette reconfiguration fondamentale opérée au xviiie siècle, nouant le destin du moi à son environnement, installe un terrain de sensibilité qui permettra aux siècles suivants, malgré tous les obstacles, retards et difficultés, la réception de l’écologie scientifique, puis politique et enfin aujourd’hui éthique, horizon irréductible à une simple nécessité extérieure et fonctionnelle. 2022-07-01T16:15:23Z 2022-07-01T16:15:23Z 2020 book ONIX_20220701_9791035107314_1493 2825-3779 9791035107314 9791035105921 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/86021 fre La philosophie à l’œuvre image/png n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9791035107314/from/openedition https://books.openedition.org/psorbonne/95055 Éditions de la Sorbonne 10.4000/books.psorbonne.95055 Cet ouvrage relie deux notions fondamentales des Lumières : d’une part, le moi et, d’autre part, la nature proche, en rapport vécu avec l’homme, qui correspond avec quelques nuances à ce qu’on appelle aujourd’hui « environnement ». Si ces deux notions ont souvent déjà été étudiées, c’est soit en les mêlant à d’autres, telles le sujet ou l’individu pour le moi, soit en les reportant sur la nature, le « sentiment de la nature » ou la généalogie de l’écologie pour l’environnement, et, surtout, sans prendre particulièrement en compte leur lien mutuel. Or, au sortir du xviie siècle, le moi, dépouillé par la critique philosophique de son armature interne d’âme ou de substance, est en quête d’une matrice pour se penser sur un mode désormais non essentialiste. C’est alors en se projetant dans des types de rapport qu’il pourra produire de nouveaux modèles d’intelligibilité de lui-même, participant ainsi indirectement de la genèse de l’anthropologie en cours : qu’il s’agisse du moi fragile, exposé aux déterminismes extérieurs et foncièrement incertain de lui-même ; du moi cadré, observant un ordre fixé par une volonté surplombante, souvent - mais pas toujours - celle de Dieu lui-même ; du moi fort, maître d’une nature à administrer et de climats à transformer (mais susceptible aussi de formes plus originales) ; ou enfin du moi saturé, débordé par une capacité d’émotion se projetant à travers l’extériorité naturelle. Ces différentes figures - qui se croisent et se combinent chez Locke, Hume, Condillac, Dubos, Montesquieu, Volney, Linné, Diderot, Buffon, Marivaux, Prévost, Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre et bien d’autres encore -, loin de types rigides et séparés, sont autant de visages du même moi multiple, celui de la modernité et peu ou prou toujours le nôtre. Cette reconfiguration fondamentale opérée au xviiie siècle, nouant le destin du moi à son environnement, installe un terrain de sensibilité qui permettra aux siècles suivants, malgré tous les obstacles, retards et difficultés, la réception de l’écologie scientifique, puis politique et enfin aujourd’hui éthique, horizon irréductible à une simple nécessité extérieure et fonctionnelle. 10.4000/books.psorbonne.95055 de84e93a-f803-4a4f-964e-fc7ecc0abb65 9791035107314 9791035105921 204 Paris open access |
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