Spinoza après Bourdieu
Le paradoxe fondamental qui vient à la fois constituer et mettre en péril la politique, c’est qu’il n’y a pas d’autorité des institutions et des lois sans le soutien au moins tacite et spontané de la multitude, multitude dont il s’agit en même temps de reconnaître qu’elle est composée d’individus et...
Сохранить в:
| Главный автор: | |
|---|---|
| Формат: | Online |
| Язык: | французский |
| Опубликовано: |
Éditions de la Sorbonne
2022
|
| Предметы: | |
| Online-ссылка: | ONIX_20220701_9791035107352_1496 |
| Метки: |
Нет меток, Требуется 1-ая метка записи!
|
| _version_ | 1869526541041401856 |
|---|---|
| author | Lantoine, Jacques-Louis |
| author_browse | Lantoine, Jacques-Louis |
| author_facet | Lantoine, Jacques-Louis |
| author_sort | Lantoine, Jacques-Louis |
| collection | Directory of Open Access Books |
| description | Le paradoxe fondamental qui vient à la fois constituer et mettre en péril la politique, c’est qu’il n’y a pas d’autorité des institutions et des lois sans le soutien au moins tacite et spontané de la multitude, multitude dont il s’agit en même temps de reconnaître qu’elle est composée d’individus et de groupes sociaux qui désirent n’en faire qu’à leur tête. Ce paradoxe est souvent dénié par les philosophies politiques qui se contentent d’invoquer une légitimité idéale pour justifier une obéissance en droit. Les concepts de disposition et d’habitus, tels qu’ils sont théorisés par Pierre Bourdieu, permettent de comprendre à même la pratique comment s’établit, de fait, la domination d’un ordre. Spinoza, tout en s’accordant sur des points fondamentaux avec le sociologue, insiste néanmoins sur la dimension passionnelle et donc inconstante des dispositions, et par là assume davantage encore le paradoxe. Un pouvoir n’est obéi que s’il sait se faire désirer, qu’il soit légitime ou non. C’est alors une conception de l’État et des institutions politiques tout à fait originale qu’élabore le Traité politique, où il s’agit moins de les fonder en légitimité que de les faire fonctionner malgré, et même par, les passions pourtant inconstantes et variées du vulgaire. Encore faut-il que cette domination s’exerce au profit de tous et de chacun : une Realpolitik, au sens de Pierre Bourdieu, est ainsi constituée par Spinoza, où le pouvoir n’est détenu par personne en particulier, mais dispose tous les citoyens à la concorde et à la paix, malgré eux mais, autant que possible, de bon gré. |
| format | Online |
| id | doab-20.500.12854ir-86024 |
| institution | Directory of Open Access Books |
| language | fre |
| publishDate | 2022 |
| publishDateRange | 2022 |
| publishDateSort | 2022 |
| publisher | Éditions de la Sorbonne |
| publisherStr | Éditions de la Sorbonne |
| record_format | ojs |
| spelling | doab-20.500.12854ir-860242024-04-05T17:30:24Z Spinoza après Bourdieu Lantoine, Jacques-Louis philosophie Spinoza déterminisme critique et interprétation institution disposition Bourdieu tractatus politicus thema EDItEUR::Q Philosophy and Religion::QD Philosophy Le paradoxe fondamental qui vient à la fois constituer et mettre en péril la politique, c’est qu’il n’y a pas d’autorité des institutions et des lois sans le soutien au moins tacite et spontané de la multitude, multitude dont il s’agit en même temps de reconnaître qu’elle est composée d’individus et de groupes sociaux qui désirent n’en faire qu’à leur tête. Ce paradoxe est souvent dénié par les philosophies politiques qui se contentent d’invoquer une légitimité idéale pour justifier une obéissance en droit. Les concepts de disposition et d’habitus, tels qu’ils sont théorisés par Pierre Bourdieu, permettent de comprendre à même la pratique comment s’établit, de fait, la domination d’un ordre. Spinoza, tout en s’accordant sur des points fondamentaux avec le sociologue, insiste néanmoins sur la dimension passionnelle et donc inconstante des dispositions, et par là assume davantage encore le paradoxe. Un pouvoir n’est obéi que s’il sait se faire désirer, qu’il soit légitime ou non. C’est alors une conception de l’État et des institutions politiques tout à fait originale qu’élabore le Traité politique, où il s’agit moins de les fonder en légitimité que de les faire fonctionner malgré, et même par, les passions pourtant inconstantes et variées du vulgaire. Encore faut-il que cette domination s’exerce au profit de tous et de chacun : une Realpolitik, au sens de Pierre Bourdieu, est ainsi constituée par Spinoza, où le pouvoir n’est détenu par personne en particulier, mais dispose tous les citoyens à la concorde et à la paix, malgré eux mais, autant que possible, de bon gré. 2022-07-01T16:15:28Z 2022-07-01T16:15:28Z 2018 book ONIX_20220701_9791035107352_1496 2825-3779 9791035107352 9791035100902 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/86024 fre La philosophie à l’œuvre image/png n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9791035107352/from/openedition https://books.openedition.org/psorbonne/95845 Éditions de la Sorbonne 10.4000/books.psorbonne.95845 Le paradoxe fondamental qui vient à la fois constituer et mettre en péril la politique, c’est qu’il n’y a pas d’autorité des institutions et des lois sans le soutien au moins tacite et spontané de la multitude, multitude dont il s’agit en même temps de reconnaître qu’elle est composée d’individus et de groupes sociaux qui désirent n’en faire qu’à leur tête. Ce paradoxe est souvent dénié par les philosophies politiques qui se contentent d’invoquer une légitimité idéale pour justifier une obéissance en droit. Les concepts de disposition et d’habitus, tels qu’ils sont théorisés par Pierre Bourdieu, permettent de comprendre à même la pratique comment s’établit, de fait, la domination d’un ordre. Spinoza, tout en s’accordant sur des points fondamentaux avec le sociologue, insiste néanmoins sur la dimension passionnelle et donc inconstante des dispositions, et par là assume davantage encore le paradoxe. Un pouvoir n’est obéi que s’il sait se faire désirer, qu’il soit légitime ou non. C’est alors une conception de l’État et des institutions politiques tout à fait originale qu’élabore le Traité politique, où il s’agit moins de les fonder en légitimité que de les faire fonctionner malgré, et même par, les passions pourtant inconstantes et variées du vulgaire. Encore faut-il que cette domination s’exerce au profit de tous et de chacun : une Realpolitik, au sens de Pierre Bourdieu, est ainsi constituée par Spinoza, où le pouvoir n’est détenu par personne en particulier, mais dispose tous les citoyens à la concorde et à la paix, malgré eux mais, autant que possible, de bon gré. 10.4000/books.psorbonne.95845 de84e93a-f803-4a4f-964e-fc7ecc0abb65 9791035107352 9791035100902 144 Paris open access |
| spellingShingle | philosophie Spinoza déterminisme critique et interprétation institution disposition Bourdieu tractatus politicus thema EDItEUR::Q Philosophy and Religion::QD Philosophy Lantoine, Jacques-Louis Spinoza après Bourdieu |
| title | Spinoza après Bourdieu |
| title_full | Spinoza après Bourdieu |
| title_fullStr | Spinoza après Bourdieu |
| title_full_unstemmed | Spinoza après Bourdieu |
| title_short | Spinoza après Bourdieu |
| title_sort | spinoza apres bourdieu |
| topic | philosophie Spinoza déterminisme critique et interprétation institution disposition Bourdieu tractatus politicus thema EDItEUR::Q Philosophy and Religion::QD Philosophy |
| topic_facet | philosophie Spinoza déterminisme critique et interprétation institution disposition Bourdieu tractatus politicus thema EDItEUR::Q Philosophy and Religion::QD Philosophy |
| url | ONIX_20220701_9791035107352_1496 |
| work_keys_str_mv | AT lantoinejacqueslouis spinozaapresbourdieu |