Les mots des autres

Toute parole collective, quelle qu’elle soit, est une fiction, en ce sens qu’il n’existe pas de Sujet collectif susceptible d’en soutenir réellement l’énonciation. Les romans de Gustave Flaubert, de Nathalie Sarraute et de Robert Pinget, sur lesquels porte cet essai, prennent chacun à sa manière ce...

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書誌詳細
第一著者: Adert, Laurent
フォーマット: Online
言語:フランス語
出版事項: Presses universitaires du Septentrion 2022
主題:
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description Toute parole collective, quelle qu’elle soit, est une fiction, en ce sens qu’il n’existe pas de Sujet collectif susceptible d’en soutenir réellement l’énonciation. Les romans de Gustave Flaubert, de Nathalie Sarraute et de Robert Pinget, sur lesquels porte cet essai, prennent chacun à sa manière ce discours impossible pour matériau ; ils en éclairent les linéaments, en scrutent les failles, en interrogent les rêves, les fantasmes et la violence. Ce que parler veut dire à l’échelle collective, telle est la réalité que l’art romanesque s’emploie ici à interroger, suppléant ainsi à un métadiscours introuvable sur la nature de ce qui lie les hommes ensemble. Les trois romanciers examinés cherchent moins à s’exprimer personnellement à travers leur œuvre qu’à interroger la présence et les effets d’un discours collectif a la fois omniprésent et inconsistant. Le langage n’est plus simplement l’instrument de leur art, mais l’objet principal et même exclusif de leur questionnement esthétique. Ce déplacement est d’une grande importance et marque l’émergence d’une crise de confiance, laquelle peut d’ailleurs éclairer en grande partie le passage de l’âge romantique à l’âge moderne : la promotion de la parole à l’avant-scène du roman s’accompagne à l’évidence d’une défiance, à tout le moins d’une inquiétude ; le soupçon qu’elle échoue à exprimer le sujet qui la profère, la découverte, au fond, d’une espèce d’aphasie au cœur de la parole, hante en effet les romans de Flaubert, Sarraute et Pinget. Tel que ces œuvres l’articulent, ce soupçon n’a rien d’abstrait ni de métaphysique ; il concerne à chaque fois l’incidence du discours collectif dans l’usage de la parole et donne lieu à ce que l’on pourrait appeler une problématique romanesque de l’aliénation verbale. Flaubert, incontestablement, marque l’apparition d’une telle problématique dans les Lettres, inaugurant ainsi l’une des grandes voies du roman moderne et contemporain. La méthode adoptée dans cet essai procède par lectures exemplaires et s’efforce de ne jamais séparer le commentaire critique de l’exigence d’élucidation théorique. À travers une relecture du premier et du dernier roman de Flaubert et le commentaire de deux romans clés de Sarraute et de Pinget, le statut du discours collectif est interrogé à la fois pour lui-même et dans ses rapports avec la parole singulière, enfin dans ses relations avec le roman comme espace adéquat de sa représentation et de son analyse. Au fil du questionnement et au terme de l’enquête, il apparaît que la littérature offre à la société un lieu symbolique où s’entendre et que, ce faisant, elle redonne perpétuellement sa chance à la dissemblance des sentiments intersubjectifs de se manifester sous la parité des expressions collectives.
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Les trois romanciers examinés cherchent moins à s’exprimer personnellement à travers leur œuvre qu’à interroger la présence et les effets d’un discours collectif a la fois omniprésent et inconsistant. Le langage n’est plus simplement l’instrument de leur art, mais l’objet principal et même exclusif de leur questionnement esthétique. Ce déplacement est d’une grande importance et marque l’émergence d’une crise de confiance, laquelle peut d’ailleurs éclairer en grande partie le passage de l’âge romantique à l’âge moderne : la promotion de la parole à l’avant-scène du roman s’accompagne à l’évidence d’une défiance, à tout le moins d’une inquiétude ; le soupçon qu’elle échoue à exprimer le sujet qui la profère, la découverte, au fond, d’une espèce d’aphasie au cœur de la parole, hante en effet les romans de Flaubert, Sarraute et Pinget. Tel que ces œuvres l’articulent, ce soupçon n’a rien d’abstrait ni de métaphysique ; il concerne à chaque fois l’incidence du discours collectif dans l’usage de la parole et donne lieu à ce que l’on pourrait appeler une problématique romanesque de l’aliénation verbale. Flaubert, incontestablement, marque l’apparition d’une telle problématique dans les Lettres, inaugurant ainsi l’une des grandes voies du roman moderne et contemporain. La méthode adoptée dans cet essai procède par lectures exemplaires et s’efforce de ne jamais séparer le commentaire critique de l’exigence d’élucidation théorique. À travers une relecture du premier et du dernier roman de Flaubert et le commentaire de deux romans clés de Sarraute et de Pinget, le statut du discours collectif est interrogé à la fois pour lui-même et dans ses rapports avec la parole singulière, enfin dans ses relations avec le roman comme espace adéquat de sa représentation et de son analyse. Au fil du questionnement et au terme de l’enquête, il apparaît que la littérature offre à la société un lieu symbolique où s’entendre et que, ce faisant, elle redonne perpétuellement sa chance à la dissemblance des sentiments intersubjectifs de se manifester sous la parité des expressions collectives. 2022-07-01T16:42:55Z 2022-07-01T16:42:55Z 1996 book ONIX_20220701_9782757426364_2435 2780-9099 9782757426364 9782859394929 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/86965 fre Objet image/png n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9782757426364/from/openedition https://books.openedition.org/septentrion/84808 Presses universitaires du Septentrion 10.4000/books.septentrion.84808 Toute parole collective, quelle qu’elle soit, est une fiction, en ce sens qu’il n’existe pas de Sujet collectif susceptible d’en soutenir réellement l’énonciation. Les romans de Gustave Flaubert, de Nathalie Sarraute et de Robert Pinget, sur lesquels porte cet essai, prennent chacun à sa manière ce discours impossible pour matériau ; ils en éclairent les linéaments, en scrutent les failles, en interrogent les rêves, les fantasmes et la violence. Ce que parler veut dire à l’échelle collective, telle est la réalité que l’art romanesque s’emploie ici à interroger, suppléant ainsi à un métadiscours introuvable sur la nature de ce qui lie les hommes ensemble. Les trois romanciers examinés cherchent moins à s’exprimer personnellement à travers leur œuvre qu’à interroger la présence et les effets d’un discours collectif a la fois omniprésent et inconsistant. Le langage n’est plus simplement l’instrument de leur art, mais l’objet principal et même exclusif de leur questionnement esthétique. Ce déplacement est d’une grande importance et marque l’émergence d’une crise de confiance, laquelle peut d’ailleurs éclairer en grande partie le passage de l’âge romantique à l’âge moderne : la promotion de la parole à l’avant-scène du roman s’accompagne à l’évidence d’une défiance, à tout le moins d’une inquiétude ; le soupçon qu’elle échoue à exprimer le sujet qui la profère, la découverte, au fond, d’une espèce d’aphasie au cœur de la parole, hante en effet les romans de Flaubert, Sarraute et Pinget. Tel que ces œuvres l’articulent, ce soupçon n’a rien d’abstrait ni de métaphysique ; il concerne à chaque fois l’incidence du discours collectif dans l’usage de la parole et donne lieu à ce que l’on pourrait appeler une problématique romanesque de l’aliénation verbale. Flaubert, incontestablement, marque l’apparition d’une telle problématique dans les Lettres, inaugurant ainsi l’une des grandes voies du roman moderne et contemporain. La méthode adoptée dans cet essai procède par lectures exemplaires et s’efforce de ne jamais séparer le commentaire critique de l’exigence d’élucidation théorique. À travers une relecture du premier et du dernier roman de Flaubert et le commentaire de deux romans clés de Sarraute et de Pinget, le statut du discours collectif est interrogé à la fois pour lui-même et dans ses rapports avec la parole singulière, enfin dans ses relations avec le roman comme espace adéquat de sa représentation et de son analyse. Au fil du questionnement et au terme de l’enquête, il apparaît que la littérature offre à la société un lieu symbolique où s’entendre et que, ce faisant, elle redonne perpétuellement sa chance à la dissemblance des sentiments intersubjectifs de se manifester sous la parité des expressions collectives. 10.4000/books.septentrion.84808 45401d39-6941-487a-8753-f8f08d2b5a69 9782757426364 9782859394929 312 Villeneuve d'Ascq open access
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