Figures de la violence et de la modernité

L’œuvre philosophique d’Éric Weil (1904-1977) est l’une des plus importantes du xxe siècle et l’une des plus actuelles, puisque tournée vers ce qui a surgi au cœur de la modernité, et l’ébranle jusqu’en ses fondements : la violence extrême que l’on est tenté de dire impensable. Il s’agit de comprend...

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Tác giả chính: Kirscher, Gilbert
Định dạng: Online
Ngôn ngữ:Tiếng Pháp
Được phát hành: Presses universitaires du Septentrion 2022
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Ainsi, par exemple, si l’affirmation de la subjectivité est constitutive de la modernité, encore faut-il en distinguer les figures pour pouvoir déterminer quelle est, pour chacune, son rapport à la violence et sa place dans la modernité : la subjectivité passe du sentiment de Dieu à sa propre négation scientiste, de la conscience morale ou ironique qui s’affirme elle-même à l’oubli de soi de l’intelligence désintéressée, de la personnalité déchirée en elle-même à son autodépassement dans l’absolu, de la révolte muette au sentiment angoissé de la finitude, du sujet fini de l’action raisonnable à la conscience philosophique de sa propre volonté d’agir et de comprendre. Les diverses figures de la violence et de la modernité ne se comprennent que dans le discours philosophique qui les repère dans leur diversité et les situe par rapport à sa propre volonté de comprendre, mais sans se résoudre à un dualisme simpliste qui opposerait purement et simplement la violence et son autre ; la philosophie est elle-même consciente de reposer sur un choix de la raison qui ne peut être justifié dans l’absolu. Les figures de la liberté ne prennent sens que les unes par rapport aux autres, sur le fond d’un dialogue que le philosophe tente d’instaurer. Le présent recueil réunit neuf études toutes consacrées à cette même problématique : les deux premières (1re Partie) peuvent être considérées comme une introduction à la philosophie d’Éric Weil ; les trois suivantes (2e Partie) dégagent plus précisément et confrontent les figures déterminées de la modernité, de la violence et de la philosophie, du temps et de la présence ; trois autres études (3e Partie) portent sur la lecture weilienne de Hegel et de Kant ; la dernière suggère, en guise de conclusion, que le philosopher d’Éric Weil peut nous aider à nous orienter au sein du monde à la fois violent et raisonnable d’aujourd’hui. 2022-07-01T16:45:19Z 2022-07-01T16:45:19Z 1992 book ONIX_20220701_9782757426180_2503 2780-9897 9782757426180 9782859394080 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/87033 fre Philosophie image/png n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9782757426180/from/openedition https://books.openedition.org/septentrion/72869 Presses universitaires du Septentrion 10.4000/books.septentrion.72869 L’œuvre philosophique d’Éric Weil (1904-1977) est l’une des plus importantes du xxe siècle et l’une des plus actuelles, puisque tournée vers ce qui a surgi au cœur de la modernité, et l’ébranle jusqu’en ses fondements : la violence extrême que l’on est tenté de dire impensable. Il s’agit de comprendre, donc de penser le problème en reconnaissant que la violence et la modernité se disent en plusieurs sens. Ainsi, par exemple, si l’affirmation de la subjectivité est constitutive de la modernité, encore faut-il en distinguer les figures pour pouvoir déterminer quelle est, pour chacune, son rapport à la violence et sa place dans la modernité : la subjectivité passe du sentiment de Dieu à sa propre négation scientiste, de la conscience morale ou ironique qui s’affirme elle-même à l’oubli de soi de l’intelligence désintéressée, de la personnalité déchirée en elle-même à son autodépassement dans l’absolu, de la révolte muette au sentiment angoissé de la finitude, du sujet fini de l’action raisonnable à la conscience philosophique de sa propre volonté d’agir et de comprendre. Les diverses figures de la violence et de la modernité ne se comprennent que dans le discours philosophique qui les repère dans leur diversité et les situe par rapport à sa propre volonté de comprendre, mais sans se résoudre à un dualisme simpliste qui opposerait purement et simplement la violence et son autre ; la philosophie est elle-même consciente de reposer sur un choix de la raison qui ne peut être justifié dans l’absolu. Les figures de la liberté ne prennent sens que les unes par rapport aux autres, sur le fond d’un dialogue que le philosophe tente d’instaurer. 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