Hommes de Dieu et fonctionnaires du roi en Gaule du Nord du Ve au IXe siècle (348-817)

Cette étude sur le clergé mérovingien et carolingien, envisagée dans ses rapports avec le pouvoir politique et dans son activité pastorale, est saisie dans une perspective évolutive pour faire ressortir les changements et les différences selon les temps et les lieux. L’auteur, a dû embrasser une doc...

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Furkejuvvon:
Bibliográfalaš dieđut
Váldodahkki: Heuclin, Jean
Materiálatiipa: Online
Giella:fránskkagiella
Almmustuhtton: Presses universitaires du Septentrion 2022
Fáttát:
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On savait déjà que ce monde n’était pas statique et homogène, mais on ne le savait pas avec une telle précision. Durant cinq siècles, le clergé fut en quête de son identité : fonctionnaire public ou homme de Dieu. Ainsi se juxtaposent un Martin qui récuse les dotations fiscales de l’État et un Rémi qui les sollicite, des clercs mondains attachés à leurs privilèges et des évêques, inspirés par Lérins qui procèdent à une conversion des mœurs avant d’entrer en charge, enfin des prélats aristocrates, ayant un sens aigu du devoir et du droit pour servir de médiateur auprès de Dieu et du prince et des clercs simoniaques, devenus les serviles vassaux des clans aristocratiques. Le baptême de Clovis avait laissé espérer une docilité du pouvoir aux conseils de l’épiscopat, le concile d’Orléans de 511 plaça le clergé sous la coupe royale. Les revenus des diocèses destinés aux œuvres de paix furent affectés pour la guerre et les synodes se transformèrent en tribunaux politiques. Grégoire-le-Grand et les moines luxoviens dénoncèrent ces vices et affirmèrent une spécificité et une qualité du clergé par un costume et un mode de vie. Boniface dénonça les falsipiscopi violents et prévaricateurs puis Chrodegang fit du clergé l’organisateur de la liturgie impériale et des grandes cérémonies expiatoires pour le salut de l’empire carolingien. Le bilan dressé en 811 par Charlemagne, de fonctionnaires corrompus et de médiocres pasteurs, n’est guère flatteur. Cette vision cache l’action en profondeur des prélats gallo-romains, du Liber Pastoralis et des irlandais pour faire du clerc un vitae evangelicae imitator et non pas un simple intendant des grands susceptible de s’engager contre les unions incestueuses et prônant le repos dominical. Par ailleurs, la prolixité liturgique d’inspiration orientale s’uniformisa sur le modèle romain pour mieux répondre et encadrer une religiosité populaire exubérante envers les reliques et le culte des saints. Le clergé parvint ainsi à s’imposer dans la société au prix d’une exigence morale interne considérable inspirée par le courant monastique et d’une soumission progressive des pêcheurs à une pénitence non moins rigoureuse. 2022-12-15T09:09:50Z 2022-12-15T09:09:50Z 1998 book ONIX_20221215_9782757434536_357 2780-7827 9782757434536 9782859395513 https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/95360 fre Histoire et civilisations image/png n/a https://www.7switch.com/fr/ebook/9782757434536/from/openedition https://books.openedition.org/septentrion/121458 Presses universitaires du Septentrion 10.4000/books.septentrion.121458 Cette étude sur le clergé mérovingien et carolingien, envisagée dans ses rapports avec le pouvoir politique et dans son activité pastorale, est saisie dans une perspective évolutive pour faire ressortir les changements et les différences selon les temps et les lieux. L’auteur, a dû embrasser une documentation énorme et pulvérisée : les listes épiscopales ou abbatiales, les canons des conciles, les capitulaires, les vies des saints lorsqu’elles existent et il a réussi de la sorte à dégager des constatations nouvelles, apportant une image vivante, diversifiée et contrastée du monde ecclésiastique à l’époque franque. On savait déjà que ce monde n’était pas statique et homogène, mais on ne le savait pas avec une telle précision. Durant cinq siècles, le clergé fut en quête de son identité : fonctionnaire public ou homme de Dieu. Ainsi se juxtaposent un Martin qui récuse les dotations fiscales de l’État et un Rémi qui les sollicite, des clercs mondains attachés à leurs privilèges et des évêques, inspirés par Lérins qui procèdent à une conversion des mœurs avant d’entrer en charge, enfin des prélats aristocrates, ayant un sens aigu du devoir et du droit pour servir de médiateur auprès de Dieu et du prince et des clercs simoniaques, devenus les serviles vassaux des clans aristocratiques. Le baptême de Clovis avait laissé espérer une docilité du pouvoir aux conseils de l’épiscopat, le concile d’Orléans de 511 plaça le clergé sous la coupe royale. Les revenus des diocèses destinés aux œuvres de paix furent affectés pour la guerre et les synodes se transformèrent en tribunaux politiques. Grégoire-le-Grand et les moines luxoviens dénoncèrent ces vices et affirmèrent une spécificité et une qualité du clergé par un costume et un mode de vie. Boniface dénonça les falsipiscopi violents et prévaricateurs puis Chrodegang fit du clergé l’organisateur de la liturgie impériale et des grandes cérémonies expiatoires pour le salut de l’empire carolingien. Le bilan dressé en 811 par Charlemagne, de fonctionnaires corrompus et de médiocres pasteurs, n’est guère flatteur. Cette vision cache l’action en profondeur des prélats gallo-romains, du Liber Pastoralis et des irlandais pour faire du clerc un vitae evangelicae imitator et non pas un simple intendant des grands susceptible de s’engager contre les unions incestueuses et prônant le repos dominical. Par ailleurs, la prolixité liturgique d’inspiration orientale s’uniformisa sur le modèle romain pour mieux répondre et encadrer une religiosité populaire exubérante envers les reliques et le culte des saints. 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